L’hyperproductivité est devenue le fléau des nouveaux métiers et de la majorité des offres présentes sur le marché. Il est d’ailleurs difficile d’y échapper, que ce soit sur les réseaux sociaux ou sur les sites d’offres d’emploi.
Pourtant, quand on observe les comportements actuels, on réalise que l’hyperproductivité et la culture du vide coexistent… alors qu’elles sont fondamentalement opposées. D’un côté, on glorifie la performance, l’optimisation constante et l’efficacité à tout prix. De l’autre, on surconsomme des contenus creux, rapides et sans substance. Cette contradiction est au cœur de notre société, et elle se reflète directement dans le marché de l’emploi.
L’hyperproductivité ou le calvaire des salariés
Bienvenue aux salariés polyvalents et aux moutons à 5 pattes ! 🐑
L’hyperproductivité, c’est cette injonction à être toujours plus efficace, plus rapide, plus performant. On nous pousse à viser un idéal de productivité inatteignable pour un être humain.
Et vous voyez des exemples partout, à commencer par les sites de recherche d’emploi : « Offre d’emploi : CDI – Salarié polyvalent fullstack et agent d’entretien« . Ou encore, sur des posts Linkedin à haute valeur ajoutée qui t’apprennent à « organiser ton temps » en alliant IA x cerveau x automatisation, pour rentabiliser les 2 minutes de pause-toilette. Le but ultime de tout ça ? Que tu gagnes du temps au quotidien, pour faire plus de tâches parce qu’on veut PLUS, encore PLUS, toujours PLUUUUS !!!
Bien-sûr comme tout bon sorcier, je rigole (à moitié) mais il faut dire que le monde du travail est coriace. Les employeurs et les Linkedineurs (=gourous de Linkedin qui frisent le métier d’influenceur) ont soif de connaissances bullshits, d’expériences et de productivité toujours plus forte pour assouvir leurs désirs de conquêtes mondiales ! Et avec la place que prend l’IA depuis quelques temps, rien ne va en s’arrangeant. On vous apprend à automatiser le moindre effort, à faire des formations sans queue-ni-tête, à trouver des solutions de gestion des tâches pour que vous puissiez absorber plus de missions.
Mais ce qui me frappe (en plus de l’absurdité notable), c’est le paradoxe existant. Cette course effrénée cohabite avec une culture du vide de plus en plus ancrée. Celle des contenus superficiels, du zapping constant, de la distraction permanente… Deux dynamiques contraires, qui pourtant façonnent ensemble notre quotidien, nos choix… et même le marché de l’emploi.
Bye bye les neurones, bonjour la culture du vide
Je ne pense pas que vous vous posiez la question de qu’est-ce que la culture du vide. Je me permets toutefois d’y répondre.
La culture du vide, c’est cette tendance à consommer des contenus rapides et sans fond, juste pour combler le temps ou avoir sa dose de dopamine, en scrollant sans fin sur les réseaux. Mais siiiii tu sais. Je parle de ces contenus viraux sans fond : challenges TikTok, vidéos d’unboxing, coaching basé sur rien, routines idéalisées, lives, Chitchat ou encore podcasts sans valeur ajoutée, tous conçus pour capter l’attention sans jamais nourrir la réflexion. Mais loin de te jeter la pierre, Pierre, moi-même je me suis retrouvée piégée plusieurs fois dans la boucle de l’algorithme TikTok. Et je te passe le détail de mes scores de « temps passés sur TikTok » qui frisent le ridicule et le non sens. Spoiler alert, j’ai supprimé l’application avant de perdre davantage de neurones. Mais c’était duuuuur.
Sur le plan neurologique, la culture du vide alimente un cycle de dopamine : chaque scroll ou contenu rapide déclenche une mini récompense, poussant notre cerveau à en redemander. À force, notre mémoire de travail se sature, notre concentration chute et notre capacité à penser en profondeur s’effrite. On devient dépendant du flux, incapable de rester présent ou d’accéder à une pensée plus lente et construite. À long terme, cette hyperstimulation altère notre capacité à rester présent, à créer, à apprendre et à penser autrement que dans l’urgence.
L’impact est réel : difficulté à rester attentif, baisse de la capacité d’analyse, valorisation de l’image plutôt que du contenu. Même le marché de l’emploi en porte les traces : communication superficielle, recherche de profils « multi-tâches », vite adaptables mais rarement formés en profondeur.
Pourquoi tout ceci n’a aucun sens ?
La culture du vide et l’hyperproductivité ont l’air de se contredire : d’un côté, des contenus légers, rapides, sans enjeu ; de l’autre, une pression constante à produire, performer, rentabiliser chaque minute. Mais en réalité, la première alimente insidieusement la seconde.
Dans un monde où tout devient contenu, aussi vide soit-il, il faut produire en continu pour rester visible, exister, suivre le rythme. On consacre une énergie folle à des tâches superficielles, à créer de l’apparence, à faire du volume. L’hyperproductivité n’est plus au service du sens, mais de la présence. On ne produit plus pour construire, on produit pour ne pas disparaître dans le bruit. Et c’est là toute l’absurdité : être épuisé par du vide, débordé par du rien.
Le mot de la fin : prends soin de toi et ne te fie pas aux pseudos experts et aux vies de rêve que l’on te montre. Parce que tout n’est qu’illusion ! 🌀











